Depuis plusieurs mois, la scène artistique congolaise est marquée par une tendance préoccupante : l’implication de certains musiciens, influenceurs et comédiens dans la publicité et la promotion de la cigarette électronique, particulièrement la chicha, à travers leurs concerts, vidéoclips, affiches publicitaires et publications sur les réseaux sociaux. Une pratique qui, en plus de banaliser la consommation des produits nocifs pour la santé, contrevient gravement aux textes légaux en vigueur en République Démocratique du Congo. Monsieur Jacquemain MVILAMBI NSIKU, Coordonnateur de l’Alliance Congolaise pour le Contrôle de Tabac et autres Toxicomanies (ACCT) fait remarquer une violation claire des textes réglementaires notamment la Loi n°18/035 du 13 décembre 2018 fixant les principes fondamentaux relatifs à l'organisation de la Santé publique, modifiée et complétée par la loi ordonnance-loi n°23/006 du 3 mars 2023 modifiant et complétant la loi n°18/035 du 13 décembre 2018 fixant les principes fondamentaux relatifs à l'organisation de la santé publique ainsi que l’Arrêté interministériel 1250/041, interdisent formellement la publicité directe et indirecte des produits du tabac, le parrainage par les fabricants ou distributeurs, l’exposition et la promotion dans les lieux publics et la consommation de ces produits dans les espaces publics.
L’Alliance Congolaise pour le Contrôle de tabac et autres Toxicomanies (ACCT) note cependant que malgré ce cadre réglementaire clair, il est devenu courant de voir des scènes publiques, boîtes de nuit, festivals, salles de spectacles et même certains clips vidéo présenter l’usage de la chicha comme un symbole de modernité et de réussite, parfois accompagné de logotypes clairement identifiables.
L’industrie du tabac profite également de cette influence artistique pour associer son image à ces produits, contournant l’esprit de la loi et mettant au premier plan la confusion entre divertissement et incitation à la consommation. Ce comportement on ne peut plus irresponsable de certains artistes est un message dangereux envoyé à la jeunesse.
La République Démocratique du Congo (RDC) fait déjà face à une progression alarmante de la consommation de tabac, des produits du tabac et de cigarettes électroniques chez les jeunes. Selon les données de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’usage de nouvelles formes de tabac, notamment la chicha et la cigarette électronique, augmente particulièrement chez les adolescents et jeunes adultes, séduits par les arômes attractifs, la perception erronée d’un produit «moins nocif», la pression sociale, l’exemple de personnalités publiques à l’instar de la star de musique GAZ MAWETE.
Lorsque des artistes, suivis par des millions de fans et considérés comme modèles culturels, s’affichent en train de fumer ou sponsorisent ces produits, ils contribuent directement à la normalisation du tabac et au recul des efforts nationaux de santé publique.
Pendant que le Gouvernement de la RDC représenté par le Programme National de Lutte Contre la Toxicomanie et les Substances Toxiques (PNLCT) et la société civile représentée par l’Alliance Congolaise pour le Contrôle de Tabac et autres Toxicomanies (ACCT) participent activement aux travaux de la 11 ème COP et MOP4 qui se tient sous l’égide de la Convention-Cadre de l’OMS pour la Lutte Antitabac (CCLAT) par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) du 17 au 26 novembre 2025 à Genève en Suisse avec la ferme détermination et un profond sens des responsabilités pour une génération sans tabac, un monde où les enfants grandissent sans le fardeau de la dépendance au tabac et à la nicotine et un environnement plus sain et plus propre ; au pays, la loi est complètement et visiblement violée.
Le comportement de certains artistes porte un préjudice direct aux efforts nationaux de lutte contre le tabac en général et de l’Alliance Congolaise pour le Contrôle de Tabac et autres Toxicomanies (ACCT) en particulier affaiblissant ainsi les campagnes de prévention menées par l’État, ses partenaires et l’Alliance Congolaise pour le Contrôle de Tabac et autres Toxicomanies (ACCT) et par dessus tout les comportements contraires aux objectifs de réduction des maladies non transmissibles, notamment la montée du tabagisme précoce chez les jeunes, la contradiction flagrante entre la responsabilité sociale des artistes et leurs pratiques commerciales sont banalisés.
Dans le même contexte, malheureusement, plusieurs établissements culturels autorisent encore la chicha ou la cigarette électronique à l’intérieur de leurs locaux, en violation des textes réglementaires qui classent ces produits dans la même catégorie que la cigarette.
L’Alliance Congolaise pour le Contrôle de Tabac et autres Toxicomanies (ACCT) saisit la présente publication pour solliciter du Gouvernement un rappel à l’ordre. La RDC étant partie à la Convention Cadre de l’OMS pour Lutte Antitabac (CCLAT) et engagée dans sa mise en œuvre, ces comportements constituent un frein majeur au respect des engagements internationaux du pays. Au nom de la Société Civile, l’Alliance Congolaise pour le Contrôle de Tabac et autres Toxicomanies (ACCT) élève la voix pour demander des sanctions prévues par la loi à l’encontre des toutes personnes physiques ou morales, des rappels à l’ordre officiels adressés aux artistes impliqués, la sensibilisation du secteur culturel aux obligations légales et le renforcement des contrôles dans les milieux festifs et lieux publics.
Le respect de la loi est une question de responsabilité morale et citoyenne, les artistes de la RDC, par leur visibilité et leur influence, jouent un rôle essentiel dans la formation de l’opinion publique et de la culture des jeunes. Promouvoir des produits pouvant provoquer cancers, maladies respiratoires, cardiovasculaires ou dépendance ne relève pas du simple choix commercial, mais d’une responsabilité sociale lourde de conséquences.
Avec l’appui du gouvernement, l’Alliance Congolaise pour le Contrôle de Tabac et autres Toxicomanies (ACCT) attend désormais que les acteurs culturels montrent l’exemple en cessant de servir de relais publicitaires aux industries du tabac et en s’engageant, au contraire, aux côtés des institutions dans la protection de la jeunesse et de la santé publique.
La Loi sur la Santé Publique du 10 juillet 2018 est sans ambiguïté. Elle interdit toute forme de publicité directe ou indirecte, de parrainage ou de promotion du tabac et produits dérivés, la consommation, l’exposition ou la promotion des produits du tabac dans les lieux publics. Cette loi est renforcée par l’Arrêté interministériel n°1250/041, lequel précise clairement l’interdiction : « Il est rigoureusement interdit de diffuser, exposer, afficher, distribuer, parrainer ou faire la promotion de toute marque, logo, image ou représentation incitant à la consommation de tabac ou produits assimilés dans les lieux publics. » Or, malgré cette base juridique solide, de nombreux artistes congolais s’affichent fièrement en train de fumer, promouvoir ou sponsoriser des marques de chicha ou de cigarettes électroniques sur des affiches promotionnelles, des clips musicaux, des scènes de concerts, des réseaux sociaux, des soirées et boîtes de nuit.
Ces actes ne peuvent être interprétés autrement que comme une infraction flagrante, passible de sanctions administratives, pénales, voire financières.
La Convention Cadre de l’OMS pour la Lutte Antitabac (CCLAT), instrument juridique international que la RDC a ratifiée et signée est elle aussi violée. Ce document dit clairement qu’il existe des preuves tangibles que la publicité, la promotion et le parrainage augmentent la consommation du tabac et incitent les jeunes à commencer à fumer. » (OMS, Rapport mondial sur l’épidémie de tabagisme).En continuant cette propagande commerciale de façon consciente ou inconsciente, certains artistes placent délibérément la RDC en non-conformité avec ses engagements internationaux, au détriment de la protection sanitaire de la jeunesse.
Selon l’OMS « Plus tôt un jeune commence à consommer du tabac, plus forte est la dépendance qui se développe et plus grande est la probabilité de contracter des maladies mortelles. » Or, ces personnalités médiatiques sont suivies par des millions de jeunes Congolais. Leur comportement n’est pas neutre : il normalise, glamourise et légitime un produit mortel, dans un pays où la consommation de chicha explose chez les adolescents.
La chicha, loin d’être un produit ‘‘moins nocif’’, représente un danger majeur. L’OMS avertit sans nuance : « Une séance de narguilé expose l’utilisateur à un niveau de fumée équivalant à celui de 100 à 200 cigarettes. » Quand un artiste utilise sa célébrité pour inciter des millions de jeunes à adopter un produit mortel, il cesse d’être un modèle. Il devient un facteur de dégradation sociale, un relais de l’industrie du tabac, un acteur de destruction progressive de l’avenir national.
Le Ministère de la Jeunesse doit rappeler publiquement que : ‘‘influencer la jeunesse vers la dépendance’’ n’est pas du show, c’est un acte gravement antisocial, contraire au rôle citoyen attendu des leaders culturel
Jacquemain MVILAMBI
Coordonnateur de l'ACCT
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