L'Assemblée nationale française a voté le lundi 26 janvier dernier l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Et en RDC, le Professeur Dr Félix Momat Kitenge, ex vice-ministre du budget, préconise des mesures similaires allant jusqu'aux adolescents de 18 ans.
Sur son compte X, ce professeur expert en Droits et santé sexuelle de la reproduction (DSSR) a souligné que "l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans est une mesure de protection neuro‑psychique proportionnée, fondée sur la vulnérabilité du cerveau en développement face aux dispositifs de captation de l’attention et de gratification immédiate, associés à la hausse des troubles anxio‑dépressifs, des usages addictifs, du cyberharcèlement et de l’atteinte à l’estime de soi chez les adolescents."
Pour lui, cette loi française démontre la responsabilité de l'Etat et n'est en rien un abus. "Loin d’une dérive paternaliste, elle relève d’une responsabilité régalienne classique, comme pour l’alcool, le tabac ou les jeux d’argent, face à des plateformes dont le modèle repose sur la marchandisation des données et du temps de cerveau des mineurs. En fixant un âge plancher explicite, adossé à une vérification d’âge sérieuse et à des sanctions effectives, la France met en place un cadre articulant protection de l’enfance, souveraineté numérique et limitation du pouvoir des algorithmes sur l’imaginaire des jeunes", a-t-il expliqué.
Au sujet de la même loi, il estime que "des États comme la RDC, confrontés à une jeunesse très connectée mais peu protégée, auraient intérêt à s’inspirer pour préserver une trajectoire éducative et sociale qui ne soit pas dictée par les seules logiques marchandes".
Répondant à une question dans un forum whatsapp spécialisé sur les questions des DSSR, le professeur a formulé sa proposition par rapport au contexte africain et congolais. "Dans un contexte africain où les vulnérabilités sociales et psychiques des jeunes sont fortes et les régulations faibles, il me semble non seulement justifié de préconiser des mesures similaires à celles de la France, mais aussi nécessaire de les durcir et de les prolonger au‑delà de 15 ans (jusqu’à 18 ans), afin de protéger la période entière de l’adolescence sans renoncer pour autant à un numérique éducatif et émancipateur", a-t-il soutenu.
Outre sa casquette politique, le Professeur Dr Félix Momat est réputé défenseur et promoteur des DSSR ainsi que des droits de l'enfant. Son expertise lui a valu plusieurs participations à des conférences de haut niveau en Afrique comme en dehors du continent noir. Son plaidoyer relance en même temps le débat de la régulation des réseaux sociaux en RDC, où le CSAC se montre quasiment impuissant et laisse les enfants s'exposer à tout genre des contenus qui détruisent les mœurs et mettent en danger l'avenir même de toute une jeunesse.
Casimir Mbiyavanga
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