Offres et Opportunités

Surprenez-vous par des belles offres impressionnantes... En savoir plus

Le cuivre et le cobalt congolais prennent la voie du Lobito vers les marchés mondiaux

Une nouvelle page s’ouvre pour l’exportation des minerais stratégiques de la République démocratique du Congo. L’Entreprise Générale du Cobalt (EGC) et le négociant international Trafigura ont annoncé la première expédition de cuivre et de cobalt via le Lobito Atlantic Railway (LAR), une infrastructure ferroviaire présentée comme un maillon clé pour fluidifier et sécuriser les flux miniers vers les marchés internationaux.

Cette première cargaison marque un tournant logistique. Longtemps dépendante de corridors plus encombrés ou plus longs, la filière congolaise peut désormais compter sur une liaison ferroviaire directe reliant Kolwezi, cœur de la Copperbelt congolaise, au port en eau profonde de Lobito, sur la côte atlantique angolaise. Avec ses 1 300 kilomètres entre Lobito et Luau, prolongés par 450 kilomètres jusqu’à Kolwezi, le corridor constitue l’itinéraire le plus court entre cette région minière stratégique et un port africain, réduisant le transit intérieur à environ sept jours.

Pour l’Entreprise Générale du Cobalt, filiale de la Gécamines créée par décret en 2019, l’enjeu dépasse la seule performance logistique. L’organisme public, chargé d’acheter et de commercialiser le cobalt issu de l’exploitation artisanale, met en avant la traçabilité et la transparence comme piliers de sa stratégie. Son directeur général, Eric Kalala, souligne que cet accord illustre les progrès réalisés vers un approvisionnement éthique en cobalt et en cuivre artisanaux, dans le cadre des réformes menées par les autorités congolaises.

Du côté de Trafigura, groupe mondial de négoce de matières premières, l’opération s’inscrit dans une logique de sécurisation des chaînes d’approvisionnement en métaux critiques. Le cuivre et le cobalt sont indispensables aux batteries, aux véhicules électriques et aux technologies liées à la transition énergétique. « Des partenariats solides entre producteurs et négociants sont essentiels pour renforcer la résilience de l’approvisionnement mondial », a déclaré Franck Rogozin, responsable des métaux et minéraux pour l’Afrique au sein du groupe.

Le Lobito Atlantic Railway, concessionnaire pour 30 ans de la ligne ferroviaire angolaise, se positionne comme un acteur régional majeur. Dirigé par une équipe indépendante et détenu par un consortium comprenant Trafigura, Mota-Engil et Vecturis, le LAR a récemment obtenu un financement de 753 millions de dollars auprès de la Development Finance Corporation (DFC) des États-Unis et de la Development Bank of Southern Africa (DBSA). Ces fonds doivent soutenir la réhabilitation et l’extension du réseau, ainsi que la modernisation des infrastructures.

Au-delà de la logistique, le corridor de Lobito revêt une dimension géopolitique. La première cargaison de cuivre doit être expédiée vers des clients américains, illustrant le rapprochement stratégique entre Washington et Kinshasa dans le domaine des minerais critiques. Pour la RDC, premier producteur mondial de cobalt, il s’agit de consolider sa position centrale dans la transition énergétique mondiale tout en cherchant à mieux capter la valeur ajoutée et à améliorer la gouvernance du secteur.

Reste désormais à transformer l’essai. Si le corridor tient ses promesses en matière de rapidité, de fiabilité et de transparence, il pourrait redessiner durablement la carte des exportations minières d’Afrique centrale et renforcer l’intégration économique entre l’Angola et la RDC.

Revanche infos

Partager:

Laissez-nous un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée *

Articles similaires

La RDC se dote de sa première raffinerie pilote d'...

Une raffinerie pilote d'or dénommée DRC Gold Refinery, fruit d'un partenariat entre l'entreprise publique DRC Gold Trading S.A et la société Lunga Mining, a été inauguré le mercredi 11 Mars dernier à ...

🔔