La voie vers un dialogue national est ouverte après que le sommet de Luanda avait donné à Joao Lourenço la mission de consulter les parties congolaises interressées en vue d'un dialogue intercongolais.
Les opposants disant être en exil souhaitent que ce dialogue ait lieu en dehors du territoire national, position partagée par la Cenco. Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a déclaré que si ce dialogue pouvait se tenir, il aura lieu en RDC et sera organisé par les institutions de la République.
Les Hommes de Dieu, regroupés en cartels, se disputent la médiation. Le couple Cenco - Ecc fait valoir son Pacte Social et se voit mieux placé pour jouer la médiation. Il est soutenu par l'opposant Martin Fayulu. Le problème est que la Cenco - Ecc est jugée trop complaisante face au Rwanda qu'elle refuse expressément de condamner malgré les multiples rapports de l'ONU incriminant le Rwanda. Cette posture est perçue dans l'opinion nationale comme une espèce de trahison des Prélats catholiques et Protestants. Le communiqué viscéralement mensonger de la Cenco sur une prétendue chasse aux sorcières des populations swahiliphones habitant Kinshasa et la récente interview du Secrétaire Permanent de la Cenco, Mgr Donatien N'shole, déclarant que les FARDC tuent les Banyamulenge, postures réconfortant la diplomatie Rwandaise ont fermé définitivement la porte de médiation à la Cenco et Ecc. Les multiples actions de la Cenco contre l'administration Félix Tshisekedi font douter.
Au même moment, le Conseil Interreligieux congolais ( CIC) dirigé par Dodo Kamba consulte de sa manière pour créer une cohésion nationale en rétablissant une confiance entre les différents acteurs pour une paix durable. Le CIC veut une Commission Vérité et Réconciliation avant le dialogue.
Autant la Cenco et l'ecc sont perçues comme des opposants avérés au régime en place, autant le CIC est perçu, par les opposants, comme une organisation pro pouvoir.
Par conséquent, ni la Cenco - Ecc ni le CIC ne devrait être accepté pour un quelconque rôle de médiateur. D'ailleurs entre les deux cartels, c'est du "je t'aime moi non plus". Donc même fusionnés, leur crédibilité est toujours entachée de beaucoup de séquelles.
Du côté des organisations des droits de l'homme, Jean Claude Katende, Président de l'ONG Asadho pense qu'un "dialogue sans justice ne changera rien , car il y a trop de récidivistes".
Alors que la Cenco - Ecc réclame l'inclusivité, ce qui voudrait tout simplement dire qu'on doit faire participer le M23 au dialogue national, Jean Claude Katende a écrit, via son compte X, que l'AFC/ M23 était " un bras armé du Rwanda" . Des propos qui avaient déjà été dits par l'ambassadeur américain auprès de l'ONU.
Pour l'UDPS, à travers son porte-parole, le député national Paul Tshilumbu qui était passé sur Bosolo na politik, "les congolais manipulés par le Rwanda", donc AFC/ M23, sont en dialogue direct avec le gouvernement à Doha dans le cadre d'une résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU et leurs problèmes seront gérés et réglés là-bas. Ils ne peuvent pas participer aux deux dialogues. Celui-là leur suffit. A Kinshasa, ce sont des congolais pacifistes qui vont se parler. "Les deux versions du dialogue ( Doha et Kinshasa) font l'inclusivité tant réclamée par la Cenco ", a-t-il déclaré.
Revenant sur les cahiers des charges du dialogue de Kinshasa, Paul Tshilumbu encourage les opposants qui sont à Kinshasa de présenter leurs cahiers des charges et de cesser d'exiger la présence des criminels pris en charge dans un autre dialogue à Doha.
" L'UDPS aussi a son cahier des charges. Nous avons perdu des années de gestion avec la coalition FCC-CACH, avec COVID et cette guerre nous imposée. Cela fait que le Président Félix Tshisekedi n'a pas géré le pays pendant 5 ans pour le premier mandat et même celui-ci est perturbé par la guerre. Donc, nous avons aussi notre cahier des charges ", a-t-il déclaré en lingala traduit par la rédaction.
Pour la population, la tendance va à dire que c'est un dialogue de trop et une énième chorale des mouches. " Les politiciens se réunissent pour le pouvoir et contre nous. Ils vont se décider de ne pas se contrôler, de se laisser voler au nom d'une prétendue stabilité des institutions. La justice sera éteinte, les criminels reviendront nous gérer, leurs crimes absous et leurs aventures oubliées en attendant une nouvelle séquence récidiviste. C'est une énième chorale des mouches. Les mouches veulent s'acharner sur le cadavre - Congo. Mort dans l'âme ", a déclaré Godefroy Mpengele Kiangululu, membre de la société civile.
Tebo Dia Mase
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